Un talus routier à 35 degrés, un bassin de rétention aux berges raides, les rangées d’un parc photovoltaïque, une digue. Ces surfaces ont deux points communs : elles doivent être tondues plusieurs fois par an, et personne ne devrait s’y tenir debout avec une machine en marche. La tondeuse radiocommandée répond aux deux à la fois. L’opérateur reste sur le plat, la machine travaille dans la pente, et le chantier avance au rythme d’un engin plutôt qu’à celui d’une débroussailleuse à dos.
Longtemps réservée aux broyeurs de friche, la radiocommande arrive sur la tonte de finition avec le X-CROSS de BARBIERI (Italie), nouveauté de notre catalogue 2026. Cet article situe cette machine dans la famille des engins radiocommandés que nous importons, dit à quel site chacun convient, et rappelle ce qu’un responsable de service ou d’entreprise doit organiser avant la première mise en route.
L’essentiel. Une tondeuse radiocommandée est un engin à chenilles ou à roues piloté à distance (jusqu’à 250 m pour le X-CROSS), qui tond ou broie sur 75 à 122 cm de largeur des pentes jusqu’à 45 degrés selon les modèles et la nature du sol. Elle supprime les trois risques de la tonte de pente : le retournement, la projection et les vibrations. Deux familles coexistent : la tondeuse radiocommandée à plateau de lames, pour le gazon et les grandes surfaces entretenues, et la débroussailleuse radiocommandée à gyrobroyeur ou à fléaux, pour la végétation haute et les friches. Le choix dépend de la végétation, de la pente et de l’énergie souhaitée : thermique, électrique ou hybride.
Pourquoi radiocommander la tonte ?
Sur une pente, un porte-outils classique expose son conducteur au retournement ; une débroussailleuse à dos l’expose aux projections, aux vibrations et au portage prolongé en dévers. Ce sont des postes identifiés dans le document unique de la plupart des collectivités et des entreprises du paysage, et l’un des arguments qui font basculer une décision d’achat.
Les engins radiocommandés déplacent l’opérateur hors de la zone de danger. Il pilote depuis le haut ou le bas du talus, à distance de la machine, et conserve la vue sur l’ensemble du chantier. Les châssis chenillés gardent leur adhérence jusqu’à 45 degrés selon le sol, les versions à roues directrices avant privilégient la stabilité sur les grandes surfaces, et les châssis rabaissés passent sous les obstacles bas, panneaux solaires compris.
Tondeuse radiocommandée ou débroussailleuse radiocommandée : deux familles
La différence tient à l’outil de coupe, et elle commande tout le reste.
La tondeuse radiocommandée porte un plateau de lames, comme une tondeuse professionnelle, et produit une finition de gazon : hauteur de coupe basse, décharge arrière ou mulching, grandes largeurs. Elle convient aux surfaces entretenues régulièrement, parcs, talus engazonnés, abords d’infrastructures, parcs photovoltaïques tondus plusieurs fois par an.
La débroussailleuse radiocommandée porte un gyrobroyeur à lames escamotables ou un rotor à fléaux. Elle accepte l’herbe jusqu’à 150 cm, les ronces et les repousses ligneuses, au prix d’une finition plus grossière. Elle convient aux friches, aux berges, aux coupe-feu et aux talus laissés en fauche tardive.
Entre les deux, le porte-outils radiocommandé reçoit l’un ou l’autre selon l’outil attelé : c’est le principe du Roboflail de RAPID (Suisse).
Le X-CROSS de BARBIERI : la tonte radiocommandée des grandes surfaces
Le X-CROSS est un robot de tonte radiocommandé à batteries lithium-ion interchangeables de 9 kWh, piloté jusqu’à 250 m, avec lecteur GPS en option pour un contrôle précis des trajectoires. Son plateau oscillant à trois lames coupe sur 116 cm, à une hauteur réglable de 4 à 12 cm, avec décharge arrière. La direction par les roues avant, brevetée par BARBIERI, est présentée par le constructeur comme la source de sa stabilité ; la hauteur totale de 48 cm permet de passer sous les obstacles bas. Le plateau bascule à la verticale pour le nettoyage et la maintenance.
C’est la machine des gestionnaires de grandes surfaces tondues souvent : parcs photovoltaïques, abords d’infrastructures, terrains de collectivités, entretien paysager intensif. L’absence de moteur thermique y ajoute un argument décisif sur les sites sensibles au bruit et aux émissions.
Les machines de pente pour la végétation haute
La débroussailleuse radiocommandée X-ROT 95 EVO de BARBIERI associe un moteur Kawasaki EFI d’environ 23 ch à un avancement hybride électrique 48 V. Son gyrobroyeur à deux lames flottantes escamotables coupe sur 95 cm, de 3 à 15 cm de hauteur réglés électriquement depuis la radiocommande, en mulching. Chenilles caoutchouc de 17 cm, direction zéro-turn, 8 km/h en marche avant et arrière, environ 455 kg. La X-ROT 70 EVO décline le concept en 70 cm, la X-FLAIL 80 EVO le transpose à un rotor à fléaux, et l’E-ROT 70 EVO passe au tout électrique avec un châssis rabaissé. L’ensemble de la gamme est présenté sur notre page débroussailleuses télécommandées.
Le Roboflail Vario de RAPID (Suisse) change d’échelle : un porte-outils chenillé à moteur diesel Yanmar, attelage trois points de catégorie 1 et prise de force à 1 000 tr/min, qui reçoit un broyeur ou tout accessoire compatible.
| Modèle | Puissance | Poids | Pente maximale selon le sol | Voie réglable |
| Roboflail Vario 25 | 19 kW (25 ch) | 1 100 kg | 50° | 138 à 177 cm |
| Roboflail Vario 40 | 27,5 kW (37 ch) | 1 250 kg | 50° | 138 à 177 cm |
| Roboflail Vario 50 | 36,75 kW (50 ch) | 1 710 kg | 45° | 129 à 171 cm |
Transmission hydrostatique à variation continue, frein de sécurité, direction zéro-turn, voie hydraulique réglable indépendamment de chaque côté : c’est l’outil des entreprises de travaux forestiers, des collectivités à grands linéaires de talus et des terrains très accidentés.
Thermique, électrique ou hybride : l’énergie se choisit avec le site
Le moteur thermique reste la référence des grandes journées de broyage en friche : autonomie d’une bouteille de carburant, puissance disponible pour les fléaux, et un diesel sur les porte-outils Roboflail. L’électrique, sur batteries interchangeables, change les sites accessibles : un centre-bourg en journée, les abords d’un établissement scolaire, un parc photovoltaïque où l’on évite toute source de chaleur, un site classé où le bruit est un sujet. Le X-CROSS et l’E-ROT 70 EVO en relèvent. L’hybride, enfin, combine un moteur thermique pour la coupe et un avancement électrique 48 V, comme sur la X-ROT 95 EVO : la puissance du premier, la finesse de pilotage du second.
Le bon critère n’est pas l’autonomie sur le papier, mais la journée type de l’équipe : nombre de sites, distance entre eux, possibilité de recharger ou d’échanger une batterie sur place.
Quelle machine pour quel site ?
| Site | Végétation | Machine conseillée | Pourquoi |
| Parc photovoltaïque, abords d’infrastructures | Gazon ou herbe courte, tonte fréquente | X-CROSS | 116 cm, batteries 9 kWh, châssis bas, finition de tonte |
| Talus routier engazonné, bassin de rétention | Herbe moyenne, dévers | X-ROT 70 ou 95 EVO | Chenilles, gyrobroyeur à lames escamotables, hauteur réglée à distance |
| Berge, friche, coupe-feu | Herbe haute, ronces, repousses | X-FLAIL 80 EVO ou Roboflail avec broyeur | Rotor à fléaux, végétation jusqu’à 150 cm |
| Site sensible au bruit, intervention diurne en ville | Gazon ou herbe moyenne | X-CROSS ou E-ROT 70 EVO | Électrique, sans échappement |
| Grands linéaires de talus, terrains forestiers | Toute végétation, pentes fortes | Roboflail Vario 25 à 50 | Diesel 25 à 50 ch, prise de force, outils interchangeables |
| Vignes et vergers en coteau | Inter-rangs enherbés | X-ROT 70 EVO | Gabarit étroit, mulching |
Trois critères tranchent : la végétation (finition de tonte ou broyage), la pente réelle mesurée sur le site et non estimée, et l’énergie compatible avec les contraintes du lieu. Une quatrième question vient ensuite, celle du transport : un X-ROT de 455 kg se charge sur une remorque légère, un Roboflail de 1,7 t demande un porte-engin.
Sécurité et organisation avant la première tonte
La radiocommande supprime les risques de la pente ; elle n’annule pas ceux de la machine. Les constructeurs rappellent trois règles : respecter les pentes maximales indiquées, qui dépendent de la portance et de l’humidité du sol ; ne jamais quitter la machine des yeux ; porter les équipements de protection adaptés. S’y ajoutent, côté organisation, une zone d’exclusion autour de l’engin pendant le travail, la signalisation en bord de route, et la formation du pilote lors de la mise en main par le revendeur. L’autorisation de conduite des équipements de travail mobiles relève de l’employeur ; elle se prépare avant la saison, pas la veille du chantier.
Ces machines s’essaient sur votre talus, pas sur un parking. Nous organisons des essais en conditions réelles avec le revendeur spécialiste en motoculture le plus proche : la pente, la végétation et le sol de votre site décident mieux qu’une fiche technique.
Questions fréquentes sur la tondeuse radiocommandée
Comment fonctionne une tondeuse radiocommandée ?
L’opérateur pilote l’avancement, la direction et la hauteur de coupe depuis une radiocommande, à distance de la machine. L’engin, à chenilles ou à roues, porte un plateau de lames ou un rotor de broyage entraîné par un moteur thermique, électrique ou hybride. Les modèles récents ajoutent un lecteur GPS pour suivre des trajectoires précises.
Quelle pente peut gravir une tondeuse radiocommandée ?
Jusqu’à 45 degrés pour les machines chenillées de notre gamme, et jusqu’à 50 degrés pour le Roboflail Vario 25 et 40, à condition que le sol porte. Un talus humide ou meuble réduit la pente admissible : la valeur du constructeur est un maximum, pas une consigne.
Quelle différence entre une tondeuse radiocommandée et une débroussailleuse radiocommandée ?
L’outil de coupe. La tondeuse porte un plateau de lames et produit une finition de gazon ; la débroussailleuse porte un gyrobroyeur à lames escamotables ou un rotor à fléaux et accepte l’herbe haute, les ronces et les repousses. La première entretient, la seconde reconquiert.
Quelle largeur de coupe choisir ?
De 70 à 95 cm pour les débroussailleuses radiocommandées BARBIERI, 116 cm pour le X-CROSS. La largeur se choisit d’après les passages disponibles (inter-rangs, espace sous les panneaux, chemins d’accès) avant de se choisir d’après le débit.
Quels sont les inconvénients d’une tondeuse radiocommandée ?
Le transport, qui demande une remorque adaptée au poids de la machine ; la nécessité d’une zone d’exclusion et d’un pilote attentif en permanence ; et, pour les versions électriques, la gestion des batteries entre deux sites. En contrepartie, elle supprime les postes les plus accidentogènes de l’entretien des pentes.
Peut-on tondre sous des panneaux photovoltaïques avec une machine radiocommandée ?
Oui, c’est l’un des usages cités pour la gamme : les châssis rabaissés passent sous les obstacles bas, et le X-CROSS mesure 48 cm de haut. La radiocommande permet en outre de garder l’opérateur hors des rangées pendant le travail.
Quelle portée a la radiocommande ?
Jusqu’à 200 m pour les débroussailleuses radiocommandées de la gamme et 250 m pour le X-CROSS. En pratique, la limite est visuelle : le pilote doit garder la machine en vue en permanence, ce qui place souvent l’opérateur bien plus près que la portée maximale.
Une tondeuse radiocommandée remplace-t-elle une tondeuse frontale ?
Sur le plat, non : la tondeuse frontale sur porte-outils reste plus rapide et plus simple. La radiocommandée prend le relais là où la frontale ne peut pas aller, dans la pente, sous les obstacles et sur les sites où l’opérateur ne doit pas se trouver.



